Je me les ronge. Jusqu’au sang. Je me concentre sur le son. Ça craque d’abord, crac. Puis c’est tendre, alors ça geint. Je passe mon temps à ça. D’autres promènent leur chien, moi je me les ronge. A la terrasse d’un café. J’arrête quand passe une jolie fille. Puis je recommence et je crache le petit bout de corne en serrant les lèvres. Quand ça saigne, je passe au suivant. Mais ceux des petits doigts. Ça non. Je les garde pour je ne sais quoi. Intacts. Rentré à la maison je les lime avec précaution. C’est le dernier jour du week-end, qui en compte deux. Hier, j’aurais pu partir à Boulogne. Ou acheter de la craie et faire un grand dessin sur le sol de la cour.
7 août 2009
Il fait bon dans cette voiture. C’est un été très doux, l’air circule agréablement, légèrement. Le gamin qui est assis à l’arrière, sur les genoux de quelqu’un, voudrait qu’on roule pendant des heures, jusqu’à la frontière, avec les fenêtres ouvertes. Puis qu’on reste là, à regarder les montagnes, en mangeant des tartines au sucre. Le père, qui conduit, a arrêté le véhicule pour regarder la maison une dernière fois. Les obus se rapprochent dangereusement. Il venait de remplacer 3 châssis. Ce n’est pas rien nom de dieu. Un oncle est assis à l’arrière. Il regarde aussi à l’extérieur de l’auto. Mais pas la maison. Il a vu un soldat qui courait en boitant dans leur direction, puis le soldat a disparu derrière la colline. Il portait son fusil de la main droite et un gros sac sous le bras gauche. Il sautait d’un pied sur l’autre plus qu’il ne courait. Maintenant on ne le voit plus et on a tout le temps de redémarrer avant qu’il ne réapparaisse. C’est un des nôtres, on ne craint rien, mais vraiment, il n’y a plus de place dans la voiture. Sur les genoux de l’oncle, un jeune homme en bras de chemise dont on ne voit pas le visage. Il s’accroche à la portière pour ne pas trop peser sur l’oncle. Aussi un peu parce que l’oncle pue et qu’en tirant ainsi sur le montant de la portière, le jeune homme respire l’air qui vient de la fenêtre avant. C’est lui que le petit garçon qui veut voir les montagnes regarde. Sur le toit de la voiture, un autre garçon. On ne voit que ses jambes et ses pieds, une partie de ses bras. Il est monté sur le toit quand la voiture est arrivée au bout de la rue. Il jouait dans le terrain vague avec les voisins quand le premier obus est tombé à une vingtaine de mètres de là. Ils ont tous fui sauf lui. Il est resté là, la bouche un peu ouverte. La poussière qui retombe lentement, éloignée par le vent. Le cratère, là où il n’y avait rien ni personne. C’est le coup de klaxon qui la ramené. Il a sauté sur le capot et s’est assis sur le toit. Il aurait pu s’asseoir à l’avant mais il cru bien faire en s’installant là, pour faire plus vite. Mais lui n’a vraiment pas envie que l’on roule pendant des heures, pas comme ça. Il se cramponne aux porte-bagages. A l’avant la mère ne pense pas à faire descendre l’enfant du toit. Elle regarde le photographe qui approche en les mitraillant. Elle pense que cette photo sera dans un magazine. Elle se demande où ils seront tous à ce moment-là. Elle regarde le lecteur du magazine pour lui demander un tas de choses auxquelles il ne saura pas quoi répondre.
6 août 2009
Tom est en congé. Tous les jours, vers 17 heures, il retrouve ses quelques copains sur une aire de jeu de boules. Dans un tout petit parc, à peine un parc, à côté d’une grosse avenue. Dans le quartier de Tom, il n’y a que des grosses avenues.
Chaque soir, il faut d’abord retirer les crottes de chien qui parsèment la terre du boulodrome. Pus on joue. Sans pastis. On joue sérieusement. On rit, oui. Mais on seulement si on gagne. Dans la vie, Tom n’est pas un battant. Mais aux boules, si Tom perd, Tom ferme les yeux en pinçant les lèvres. Il pense aux chicons. A l’amertume des chicons.
Le dernier jour des congés de Tom, il perd mais ne veut pas gâcher la partie, la dernière partie des vacances. Pendant une pause, Tom prend en main une des boules de pétanque, il la lance en l’air et crie « regardez-moi ». Ca ne rate pas, la boule lui retombe sur la tête. En plein visage. Après une nuit à l’hôpital, Tom rentre chez lui et ne va pas travailler, il passe la journée seul, à penser. A cette boule. Il ne sait pas où elle est maintenant. Un ami l’a prise ou est-elle restée là ? Est-ce qu’elle est tâchée de sang ? Il retourne sur l’aire de jeu mais il n’y a plus personne, plus de boule. Il y a juste un chien qui chie sur l’aire de jeu. Demain, Tom retourne au boulot.
29 mai 2009
Philippe décide de mourir en se gavant de nourriture issue des surplus agricoles européens pour réclamer une meilleure répartition des ressources mondiales. Après quelques jours et la médiatisation de l’action de Philippe, Hussein, un homme de couleur, vient se coucher à ses côtés. Il entame une grève de la faim pour « changer le monde ». De ce fait, Hussein et Philippe décident d’intervertir leurs rôles. Philippe meurt finalement de faim et Hussein s’étouffe avec des tomates espagnoles.
29 mai 2009
L’esprit est un poisson. Tant qu’on lui donne à manger, il mange, jusqu’à en crever. On donne à notre esprit de quoi se nourrir sans cesse. Sa capacité à intégré de nouveaux désirs, de nouveaux besoins, est illimitée. Puis un jour, l’esprit crève parce qu’il a trop mangé. Il garde en lui les tentations et coule au fond du bocal. Il y reste, au fond du bocal. Les désirs remontent, petit à petit, comme des bulles d’air, et quand ils éclatent à la surface, l’homme sort de son portefeuille sa carte de crédit.
Laissez le silence venir à vous. Laisser-le s’installer en vous.
18 mars 2009
Chevalier Lilipois se trouvait en face d’une muraille énorme, gardée par des soldats armés jusqu’aux dents. Il a hésité toute une semaine, si bien que les renforts ont afflué de toute la ville. Les créneaux débordent de lances, d’arcs, de fourches, de marmites prêtent à déverser leur huile bouillante.
Un matin, Chevalier Lilipois se décide. Il appuie son échelle sur la pierre glissante de l’enceinte, sous les rires et les huées. Il monte doucement, lourdement.
Les échelons grincent sous le poids de l’assaillant, si bien que Chevalier abandonne son bouclier, son gilet de cuir et de métal, et son casque. En haut, les rires ont cessé, on se dispute maintenant de droit de donner le premier coup, de lancer la première flèche ou de rôtir Lilipois sous une vague brûlante et gluante. Les jurons volent. Chevalier Lilipois progresse vers le sommet.
14 février 2009
L’esprit est un poisson. Tant qu’on lui donne à manger, il mange, jusqu’à en crever. On donne à notre esprit de quoi se nourrir sans cesse. Sa capacité à intégré de nouveaux désirs, de nouveaux « besoins » comme disent les publicitaires, est illimitée. Puis un jour, l’esprit crève parce qu’il a trop mangé. Il garde en lui les tentations et coule au fond du bocal. Il y reste, au fond du bocal. Les désirs remontent, petit à petit, comme des bulles d’air, et quand ils éclatent à la surface, l’homme sort de son portefeuille sa carte de crédits.
10 février 2009
Après une vie de tri
Entre leurs peurs et mes peurs
Il me reste 5 minutes de liberté
C’est ça ?
8 janvier 2009
Oui je suis un lâche
j’ai tourné les talons
Couru à perdre haleine dans l’autre direction
A perdre haleine
C’est réussi
J’ai fait quelques dizaines de mètres et suis tombé dans la gadoue
Avec ce trou dans le dos
Qui condamne ma mémoire
Je suis un lâche et pour la vie je le serai
Il me reste trois ou quatre morceaux de souffle, dans la boue
Ma bouche s’est noyée
J’ai les dents plongées dans la terre
Je suis un lâche, allongé ou debout, je le resterai
Je l’avoue
Je le dis
Je le jure
Il me reste une énorme douleur
Elle m’a rattrapé rapidement
Comme l’éclair
Ce n’est pas elle que je fuyais
C’est l’absurdité
Au dernier moment
J’ai préféré la punition
A la stupidité de l’acte que j’allais poser
Au nom d’un bout de chiffon.
28 novembre 2008
Un bête grimpe au mur. Je l’écrase avec du papier journal. Ca grince, ça crisse, ça racle un peu. Une bête à la peau sombre, la carapace. Un insecte qui ne connait pas les usages de la maison. C’est l’escalade.
29 octobre 2008
Un homme sur une falaise se pose au bon moment la question de l’héroïsme de la vie et de celui de la mort. En face du vide, il entreprend une longue réflexion sur son rapport au jour, puis au jour, puis au jour, et ainsi de suite. Il fatigue, avec le temps qui passe, le temps qui fait voler ses cheveux. Il s’épuise, et tombe en arrière, poussé par une bourrasque. Son crâne frappe une pierre. Un peu plus tard, sous les néons, on lui pose un pansement pour arrêter les saignements. Une infirmière rit. Le sang a coulé, emportant ses pensées. Il retournera demain à l’usine.
30 avril 2008
Maintenant, c’est l’heure de la sieste. Normalement, à cette heure-ci, j’attends. J’attends sans bouger dans le garage, le garage où tout a la même odeur. Les vélos, les bottes, les bocaux en verre, les outils, la salopette, les sabots en caoutchouc, la poussière, les sacs de jute, les pelles, la bèche, la tondeuse à gazon. Tout sent la pomme de terre dans ce garage. D’habitude, l’heure de la sieste, c’est l’heure de solitude. L’heure de l’ombre. L’attente.
Aujourd’hui, c’est différent, c’est très différent aujourd’hui. Il m’emmène. On sort, sous le soleil, dans la rue. A cette heure-ci, à l’heure de la sieste, les trottoirs sont vides. Pas de petits vieux qui prennent l’air, sur une chaise, devant leur porte d’entrée. Nous marchons en silence. Pas de bruit de tracteur. Pas d’auto. Pas de vélo. Pas de vent non plus. Ah, quelques poules qui agonisent, quand même. Ou follement heureuses, comment savoir ? Puis plus rien. Les poules… Les poules mangent le maïs. Le vieux pain. Les restes de légumes. Les pelures de pommes de terre. Des montagnes de pelures de pommes de terre.
Depuis que nous avons quitté la maison, nous marchons de manière régulière. Comme on n’entend que nos pas, je les compte, les pas. Je compte trois des miens pour un des siens. Tap tip tip Tap tip tip Tap tip tip Tap. Mes petites jambes, elles tricotent. Les siennes se posent dans le sol. Elles s’y plantent, tiens. Elles s’y plantent. C’est la première fois qu’il prend ma main dans la sienne. Ses mains! Enormes! Il garde délicatement ma petite patte dans sa grosse pogne. Du bout des doigts, je caresse la peau sèche, rêche. Je sens les durillons. Je sens aussi que s’il devait serrer le poing il me broierait les os. C’est un ours qui m’emmène en promenade. Un vieil ours dressé. Un ours à casquette et bretelles. Un ours rasé de près. Mais un ours quand même.
En marchant, nous regardons devant nous, ou autour de nous. Parfois, rarement, nous nous regardons, mais jamais simultanément. Ou s’il me surprend le visage tourné vers lui, je tourne la tête d’un autre côté. Il fait de même. Puis il sourit. Tiens. Tiens les souris. Il les attrape avec des petits pièges. Si on y met le doigt, « knap » ! A l’heure de la sieste, dans le garage, près du maïs, près du maïs pour les poules, dans le garage où tout a la même odeur, les vélos, les bottes, les bocaux en verre, les outils, la salopette, les sabots en caoutchouc, dans le garage parfois j’attends sans bouger qu’un petit piège fasse « knap ». Puis je retourne sous la véranda le regarder dormir.
Comme c’est l’heure de la sieste, nous ne risquons rien. Nous restons au milieu de la route. Tap tip tip Tap tip tip Tap tip tip Tap. Parfois j’allonge un peu le pas pour éviter une bouse de vache. Puis je récupère le rythme de notre marche. Nous ne disons rien. Nous ne parlons pas la même langue. Mais maintenant il me regarde plus souvent et nos regards se croisent. Il rit et montre ses quelques dents. Nous arrivons dans un champ. C’est ici, c’est le but de la promenade apparemment. C’est ici qu’on s’arrête en tous cas, et qu’il lâche ma main pour mettre la sienne sur ma tête. Je sens sa main sur mon crâne, je sens le poids de sa main, je sens la peau dure qui glisse lentement sur mes cheveux courts. Et du pied, il tâte le sol. Il enfonce sa chaussure dans la terre. Ca ne lui suffit pas. Encore. Maintenant avec l’autre pied, mais ça ne lui suffit pas non plus. Alors, il lâche ma tête. Bien sûr, puisqu’il a besoin de sa main. Il ramasse une motte. Il la soupèse. Il la fait tourner dans sa paume. Il la presse dans son poing, elle s’effrite et tombe en miettes sur le sol. Sa main, maintenant elle est brune, poisseuse. Il la frotte contre son pull, devant, sur le ventre, et derrière, dans le dos. Il me regarde en riant, il dit quelque chose que je ne comprends pas. Sans doute, il dit que la terre est bonne, qu’elle est bonne au blé, ou bonne au froment. Ou alors il dit qu’elle colle trop. Ou qu’elle est fatiguée, qu’il faudra laisser les vaches s’en occuper. Ou que sais-je encore. Je le regarde qui regarde autour de lui, le champ. J’ai envie de lui sauter au cou pour lui souffler à l’oreille d’y planter des pommes de terre.
Ici, il me semble que la terre est partout. Partout. Sur la seule photo que j’ai de lui, Jérôme la retourne, la terre. Pour la retourner, il vous faut une vie. Une vie courbée, penchée vers elle, vers la terre.
15 avril 2008
C’est un terrain vague, un tout petit terrain coincé entre des dizaines d’immeubles à appartements. Il y a trois arbres et un chemin tracé par les rares passants. Ils le traversent pour gagner du temps, pour éviter de faire le tour de l’énorme bloc de bâtiments. Ils sont rares car on a peur, derrière les arbres, «on» pourrait se cacher. Se jeter sur vous, vous dérober dieu sait quoi puisque vous n’avez presque rien si vous passez là.
8 avril 2008
Sylvie et Manu ont mis 4 ans, 2 mois et 5 minutes à se quitter. Plus exactement, Manu a mis 4 ans et 2 mois, et Sylvie, 5 minutes. Ils ont vécu une histoire d’amour qui dura 4 ans, 2 mois, 6 jours et 55 minutes. Comme c’est cruel une histoire qui commence comme ça. Qui finit comme ça.
4 avril 2008
Blaise a mesuré la trace que son pied a laissé dans la boue. C’est alors qu’il a réalisé qu’il était adulte. Il est rentré en courant à la maison, a pris sa fille dans ses bras, lui demandant de le pardonner, il serait vraiment père à présent, puis enlaçant sa femme, lui soufflant à l’oreille tout son désir teinté d’indépendance et de respect. Ensuite, il est monté dans la chambre, a rempli une valise de vêtements, et est parti par la porte de devant.
Il est revenu 3 ans plus tard, le jour de Pâques. Mais sa femme et sa fille n’y était plus. Une femme seule, de 64 ans, avait emménagé dans l’appartement. Blaise est resté avec elle. Il l’appelle maman.
16 mars 2008
Si l’on reste à distance, c’est une aurore comme les autres. Une campagne au matin. Si l’on est prudent. Humide, froide. Rien. Si l’on est distrait, c’est un ciel livide et un petit morceau de terrain. Une colline. Un arbre mort. Une fermette. C’est tout.
Puis finalement, si l’on n’a rien d’autre à faire, et que l’on s’approche, un pas suffit. Un pas seulement. Alors, là, derrière la porte et les volets. Et l’inclinaison de l’arbre, et l’ombre de la maison sur le sol. Et le ciel, jaune finalement. Voilà. Ca commence.
Les chuchotements. D’abord, on croit que c’est le vent dans les branches. Mais non, ce sont de petites voix, du brouillard d’âmes qui respirent sous le toit de chaume. Je m’approche encore et j’entends à nouveau la chanson d’une femme. Pour un enfant ? Pour des enfants ? Mais oui. Mais oui, des rires étouffés. Très haut. L’homme est parti, avant que le soleil ne se lève. Et quand les enfants se sont levés pour rejoindre les parents au lit, ils ont eu froid, ont pleuré. Et maintenant leur mère chante, pour eux mais aussi pour se donner du courage. Il faut se lever.
Quand Marie arrive, je l’attire chaque fois d’un geste de la main vers la reproduction. Elle ne comprend pas me dit-elle pourquoi je traverse chaque dimanche le musée au pas de course pour venir me planter devant cette affiche, en face des toilettes, à la sortie. Marie et sa thèse ont la moitié de mon âge.
La petite chanson me suit jusqu’au lundi soir, parfois le mardi. A moi aussi elle me donne du courage.
J’attends le dimanche.
10 mars 2008
Tiens, aujourd’hui les trottoirs sont vides. D’habitude, à cette heure, les vieux prennent l’air, sur une chaise, devant leur porte d’entrée. Mais aujourd’hui, personne. Nous marchons en silence. Tiens, on n’entend que nos pas. Je compte trois des miens pour un des siens. Tap tip tip Tap tip tip Tap tip tip Tap. Tiens, c’est la première fois qu’il prend ma main dans la sienne. Ses mains ! Enormes ! Il tient délicatement ma petite patte dans sa grosse pogne. Du bout des doigts, je caresse la peau sèche, rêche. Je sens les durillons. Je sens aussi que s’il devait serrer le poing il me broierait les os. C’est un ours qui m’emmène en promenade. Un ours dressé. Un ours à casquette et bretelles. Un ours rasé de près. Mais un ours quand même.
19 janvier 2008
Une seconde avant la nuit, c’est encore un peu de clarté, une seconde, mais une seconde seulement, alors c’est l’éternité. Seulement l’éternité. Une seconde avant la nuit je suis encore dans le jour, ce n’est pas entre les deux, c’est une seconde avant, c’est avant la nuit. C’est encore debout, encore ouvert, encore l’espoir, c’est encore avec vous. Puis c’est la nuit. L’éveil de trop. La nuit, c’est l’éveil de trop qui pèse sur la poitrine, c’est le trou alors. Voilà, c’est ça, la nuit, toujours, c’est le trou. Il faut juste savoir si l’on saute ou si l’on tombe, dans le trou.
A Lisbonne, la nuit est douce comme nulle part ailleurs. A Lisbonne, la nuit est partout, dans chaque silence et dans chaque bruit.