Archive pour mars, 2006

30/03/2006

Laura revient sur la pointe des pieds et s'endort dans un coin. En laissant tout l'espace et le temps à sa nouvelle invitée. Fais comme chez toi Laura.

Quel âge à Laura? Laura n'a plus l'âge de faire attention à la hauteur de ses talons. Quel âge à Laura? Laura n'a pas l'âge de faire attention. Quel âge à Laura? Laura n'a pas d'âge. Tout le monde a un âge. Alors elle a l'âge de Laura. Tu tournes en rond. Tout tourne en rond. Tout je ne sais pas, mais l'horloge. Combien vous dois-je? Tu me dois l'âge de Laura.

Rêve du matin, entre un rayon de soleil et le volet ouvert de la chambre.

30/03/2006

Ce n'est pas toi. Tu n'as pas. Tu n'as rien. J'ai vu bien mieux. Tu ne sais pas. Tu ne sauras pas. Ce n'est pas toi. Ce n'est pas la peine. Ce n'est pas ça. Tu ne sais pas. Tu ne peux pas. Ce n'est pas la peine. Tu ne l'es pas.

Laura

PS: si tu passes au Delhaize, pense au pq stp 

29/03/2006

Je suis encore une fois dans une autre ville, au soleil. Je croise chaque jour des dizaines de Laura, mais aucune qui me reconnaisse. Je me retourne sur chacune d'elle, avec application.

Mes Laura de voyage sont multiples, mais elles n'effacent jamais celle qui m'attend au retour. Dans la pièce centrale de mon esprit, il y a un fauteuil de cuir rouge. Elle y est assise, les bras sur les accoudoirs. Dès que je suis rentré à la maison, une angoisse frappe à la porte. Laura se lève, lui ouvre la porte, et prépare le thé.

29/03/2006

Guérir de la solitude (qu'est-ce que cela pourrait bien vouloir dire?) en regardant un couple pathétique manger, sans rien dire, est-ce vraiment sport comme attitude?

J'ai mal dormi. J'ai mal partout. Les larmes me montent aux yeux de bonheur, et puisque tout autour de moi est beau, je dois bien être un peu beau aussi.

27/03/2006

J'ai dormi en face d'un hôpital. J'ai dormi, c'est beaucoup dire, j'ai regardé entrer et sortir les ambulances, j'ai vu arriver tous ceux qui se rendaient aux urgences. J'ai inventé leur histoire. Pas par perversité. Pour être sûr que quelqu'un pense à eux. C'est difficile de penser à quelqu'un qu'on ne connait pas.

25/03/2006

Aujourd´hui, c'était mon dernier jour de malchance. Il fait beau, une jolie fille s'est assise à coté de moi dans l'avion, et je n'ai pas perdu mes bagages. Je suis hyper verni. Je passe ce soir du statut de blaireau qui n'a jamais de chance à celui de super verni. Super Verni, c'est moi.

25/03/2006

Le type qui a inventé les claviers espagnols est un salaud.

23/03/2006

La première fois qu’elle m’a vu en costard, Laura m’a traité de pingouin. Ca m’est resté. Je suis un pingouin, si vous saviez comme ça m’étouffe. Est-ce qu’elle savait ce qu’elle faisait en disant cela ? Est-ce qu’elle se doutait du poids du boulet, de la solidité de la chaîne ? Je suis un pingouin, soit, mais est-ce que les pingouins sont censés vivre à ce point esseulés ? Dans mon souvenir, les pingouins se jettent en groupe, et de manière absolument jubilatoire, dans les flots. Il va falloir que ça bouge pour moi, et vite.

23/03/2006

Je m’en suis souvenu en passant devant une boulangerie. Il y avait un énorme gâteau dans la vitrine, un gâteau plutôt suspect, épais et couvert d’une crème qui semblait solidifiée.

Cela fait une semaine que j’y pense, me demandant ce que j’allais faire, ou ce que je n’allais pas faire, et depuis ce matin, rien. Avant le gâteau, pas une seconde je n’ai pensé au fait qu’aujourd’hui, c’est son anniversaire. Il me reste la soirée pour décider si je l’appelle ou pas. Enfin, pour appeler son répondeur. Une soirée pour essayer de ne pas tomber dans l’énorme gouffre qui se cache après le bip sonore.

Il y a six ans, six ans et un jour, elle m’avait aplati en me rappelant pour me dire que ça suffit tu ne vas pas me poursuivre non. Pour un simple bon anniversaire. Je ne savais pas à cette époque que je lui faisais tant d’effet. Je n’aurais plus cette excuse cette année.

22/03/2006

J’ai vu passé l’ombre d’un somme cette nuit. Je l’ai vue de mes yeux frôler le mur de la chambre, et passer dans le salon. J’ai bien essayé de m’y accrocher mais comment agripper une ombre ?

Je n’ai pas dormi. Je suis vanné. Laura, je n’ai pas rêvé, tu étais là. Je vais rapidement arriver à te détester. Je n’ai pas rêvé, et ce n’était pas du bonheur. 7-0.

21/03/2006

Nous avions décidé de jouer à cadavre exquis et évidemment c’est tombé sur moi, et j’ai couru car ils me poursuivaient pour me dévorer en chantant « il était un petit navire » et je me suis réfugié dans la jungle de mon lit, tout éveillé, jusqu’au cri du coq.

20/03/2006

Pingouin.gifSi je ne rêve pas de nous cette nuit, je vais passer à côté d’un grand moment de bonheur. Tant pis pour moi. Mais quand je me lèverai demain, je penserai, 1 partout.

20/03/2006

Chez moi j’ai ouvert le frigo alors que je savais ce qui s’y trouvait. Comme ça ne me plaisait pas, ce vide, j’ai appelé une société qui livre des repas. Il m’ont dit pas de boissons alcoolisées sans nourriture. J’ai commandé 10 bières et un Snickers. J’ai repensé au doigt saignant sur une pierre et j’ai eu envie encore fois. J’ai pensé me couper une oreille. Un doigt. Me crever les yeux. Manger des poulpes vivants. M’arracher un pied et le jeter par la fenêtre. Mettre le feu à mes cheveux. J’ai mangé le Snickers et j’ai laissé les bières. Par héroïsme, j’ai été me coucher sans me brosser les dents.

20/03/2006

Retour du travail sous la pluie. Aujourd’hui, c’est à désespérer. Dans le Métro, on a blessé mon âme avec une histoire de Balkans, et c’est toi, Laura, qui surnage malgré tout. C’est à désespérer. Que faire, si même en m’affligeant, je ne peux te sortir, de ma tête.

Rémi est passé et donc nous avons été boire un verre car la pluie avait cessé et que le printemps commençait à l’instant. Sur une terrasse, nous avons rangé nos soucis dans les petites cases de notre esprit à coup de poncifs. Avec Rémi, c’est comme ça, si ça ne prend pas, ça ne prends pas. Souvent pour une bonne raison, comme le printemps qui commence, comme mieux à faire, mieux à souffrir.

La pluie a repris et nous avons couru jusqu’au métro. Rémi a souri à une fille que nous croisions dans les escalators, et ma foi, ça m’a fait mal encore une fois parce que moi, je ne lui ai pas souri, à la fille je veux dire, parce qu’à Rémi, pour faire quelque chose avec mon visage, je lui ai fait un énorme smiley. Quelle horreur de se forcer à des choses pareilles.

19/03/2006

Ca me prendra du temps et ça me coûtera beaucoup d’argent, forcément. Et finalement, j’aurai payé toutes les consultations chez ma psy. Par habitude. Par habitude, je parlerai de toi. Pour quelle autre raison ? Je ne sais même pas où tu es, ce que tu fais, quand je parle de toi. Si ça tombe, tu regardes une photo de moi. Si ça tombe. A moins que tu ne roules dans des draps avec un homme. Avec une femme. Avec qui tu voudras si ce n’est pas avec moi. Tu me colles à la langue. Par ma bouche s’échappe toujours quelque chose qui devrait aller dans ta direction mais ça n’y va pas, les mots restent autour de moi, comme des vautours autour d’une vieille carcasse. J’entends encore leurs petits cris longtemps après qu’ils m’aient quitté. Je suis entouré de vautours, de plus en plus nombreux, et ma foi, je peux difficilement cacher que j’ai les chocottes. Vous les verriez, comment ils me regardent, comment ils m’inspectent, attendant mon dernier souffle pour se jeter sur moi. J’ai vu à la télévision ces monstres se disputer de tous petits morceaux de chair. Extraordinaire.

19/03/2006

Ma psy m’avait fait remarquer que je parlais de Laura à chaque séance. Je lui avais demandé de quoi je pourrais bien lui parler et elle avait haussé les épaules, un geste fort inhabituel pour une psy. Elle avait regardé par dessus ses lunettes, nettement plus fréquent. Vous ne savez pas de quoi me parler? Vraiment pas? Nous allons en rester là alors.

A la séance suivante, nous nous étions quand même accordé sur un point. Je ne paierais pas les séances durant lesquelles il ne serait pas fait mention de Laura.

17/03/2006

Je suis en retard. Dans l’avion j’ai rêvé de nuages. De nuages bleus et blancs, sur un ciel jaune. J’ai rêvé dans l’avion d’un voyage dans les airs. Au réveil, j’ai pensé à Laura. J’ai imaginé sa course éperdue dans les couloirs du métro. Je suis en retard. J’ai revu son visage, déchiré par l’effort et les questions, j’ai revu les questions dans les yeux jaunes de Laura. Je suis en retard. Pas de problème, je n’étais pas prêt. Je suis en retard d’une semaine.

15/03/2006

Pingouin.jpgJe t’avais cherchée partout Laura, je te l’avais dit le jour où tu m’avais trouvé. Mais c’est toi qui m’avais trouvé n’est-ce pas? Maintenant j’écoute du jazz et je me promène sur la plage. Tu trouves ça drôle Laura? Regarde ce que tu as fait de moi.

15/03/2006

C’était un tout petit morceau de moi que je laissais sur une pierre de cette ville étrangère. Ce n’était pas grand-chose sans doute, au regard des drames de ces lieux-ci, mais c’était à ma mesure à moi. C’était mon geste héroïque, un peu de mon sang sur un gros caillou, dans une rue d’une ville martyre.

Je suis rentré à l’hôtel et me suis endormi. Un peu plus de sang perdu, dans les draps blancs de mon lit, à l’hôtel, dans une ville inconnue. Au réveil, une vague douleur, puis une pointe de mal, au bout du doigt, à l’endroit du petit trou par lequel est passé mon exploit. Mon exploit, sur un caillou, un gros caillou, dans une rue démolie. Au réveil, au coucher du soleil, une faim de loup, qui noue les entrailles.

Par la fenêtre, sur le trottoir, en face de l’hôtel, j’ai vu un enfant qui jouait avec un bilboquet. Un bilboquet jaune, abîmé et vieillot. Il rattrapait à chaque coup la boule, parfois ne regardant que distraitement l’objet.

Mon doigt était de plus en plus douloureux. Le lendemain matin, je reprendrais l’avion, n’ayant pour preuve de mon courage qu’un petit point de sang au bout du majeur gauche. Si par malheur, je croisais Laura dans une rue de ma ville à moi, je garderais les mains dans les poches de ma veste, de peur qu’elle me pose une question sur ce doigt coloré d’un seul petit point brun.

14/03/2006

J’avais décidé de frappé un grand coup ce matin. J’ai jeté un pavé dans la mare. J’y avais attaché une corde, elle-même nouée à mon cou. Emporté par le poids du caillou, je suis tombé en avant dans la flaque. Je suis rentré tout crotté. Encore raté.