- Ah, soldat, je me sens faiblir, puis reprendre des forces. Quel sens aurait mon geste si je devais fondre face au tribunal ? Tu ne peux pas le comprendre toi. J’ai couvert mon frère, mais ce n’est pas le soldat que je mettais sous terre, mais le petit garçon. Tu ris soldat ?
- Je ne ris pas vraiment, je fais juste un peu tourner le moteur. A moi, ma femme me dit que je ferais bien d’accoucher enfin du soldat, et d’arrêter de faire l’enfant. Il y a un temps pour tout.
- Mon frère était fort comme un bœuf
- C’est vrai, je l’avais vu de près un jour de sortie contre ceux de Mycènes. Je ne sais pas ce qu’il faisait là.
- Tais-toi donc, tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu veux savoir ce que va devenir ta cité demain, avec ce Créon de malheur ?
- Un soldat ne fait pas de politique.
- Alors cesse d'être soldat. Ce que tu appelles la politique, c'est la vie.
- Non. La vie, elle coule encore dans nos veines. C'est mon enfant quand je rentre, qui ne sera jamais soldat.