Dans le bus, Laura avait passé le bras autour de mon cou. Elle m’avait glissé dans l’oreille une langue pointue et froide, j’en avais frémi de la tête au pied. Voilà donc ma dernière heure venue, dans les bras de Laura. Autour de nous, personne ne voyait ce qui se jouait, à cet instant. L’angoisse, Laura, s’infiltrait en moi. L’angoisse s’inflirtait.
C’est comme si j’avais craint de mourir vautré sur Laura, que se referme sur moi ses bras soyeux. Et une seconde plus tard, c’est comme si j’avais craint que sa voix ou ses yeux ne me raniment peu à peu, que la vie me reprenne, et qu’assis à côté de Laura, je replonge dans l’effroi.
Non, Laura, que la vie me reprenne, d’accord, mais alors loin de toi. Que je ne sache pas.