Sur un banc, on m’avait raconté l’histoire suivante, un conte du futur, au creux de l’oreille, et avec beaucoup plus de talent : en deux mots, un jour, l’armée des marionnettes monterait sur des barricades qu’elle aurait construite avec des tables et des poutres de bois prises dans les appartements. Les marionnettes bloqueraient les rues de la cité. Elles chanteraient et danseraient, jusqu'au petit matin. Mais finalement, elles se prendraient dans leur fils, leurs propres fils. Les marionnettes perdraient la bataille, et tout ce qui leur resterait alors serait la gloire. Ah, la gloire.
« Courageux lanciers, frères, camarades, vous qui avez marché sur le corps de vos compagnons tombés à vos pieds sous les balles, vous qui, ramassant leur étendard, avez forcé les portes de l’enfer pour y pénétrer le cœur léger, sûr de vos conquêtes, venez maintenant vous coucher au pied du trône, sans oser vous y asseoir, mais prêt à trancher la tête au premier roi venu. Je suis sûr de vous. »