6/06/2006

Je courais dans la rue, je courais comme une folle. J’étais en retard. J’ai bousculé des gens sur ma route. J’étais en retard.

J’ai laissé longtemps le doigt sur la sonnette si bien que, quand il m’a ouvert, il était tendu. J’ai crié « je suis en retard ». Il m’a dit qu'il ne savait même pas que j’allais passer. Je lui ai dis à quel point il était con. Une semaine de retard, j’ai dit. Une semaine pour devenir une mère, c’est trop court.  Il s’est pris la tête dans les mains, et j’ai compris que je n’avais rien à attendre d’un type qui se prenait la tête dans les mains. Il m’a dit qu’est-ce que tu vas faire ? et j’ai senti mes yeux devenir ronds. Ce que j’allais faire ? Moi ?

Finalement, j’ai pris deux décisions. J’ai gardé l’enfant, mais pas le père. Et pourtant, qui pouvait imaginer une seconde que j’étais prête ? Deux fois plus prête que les autres encore bien.

Maintenant, j’ai rattrapé le temps, il faut dire que rien ne m’a laissé le choix. Je peux vous dire une chose, sur une sonnerie d’école, que vous ne comprendrez peut-être pas : celle-ci, en particulier, me fait des frissons sur les bras.

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