7/06/2006

Son cœur est comme un petit objet de cristal, quelque chose de très fragile tu sais, alors, c’est mieux comme ça. Comment aurait-il pu comprendre que son père soit aussi grand que toi? C’est le matin, dans la petite lumière du matin, qu’il navigue le mieux. Il court comme un furet, tu te souviens ? Il court, puis s’arrête, et repart. Puis s’arrête encore et dit quelque chose tout bas, dans sa barbe d’enfant. Un jour il dit, à son âge, je suis fatigué de tout ça. Un autre jour, il dit hourra. C’est le matin qu’il fait cela. Alors, il ne faut surtout pas le serrer, le prendre dans tes bras, il gigote et s’enfuit. Attendre que passe midi pour que sa tête se pose un peu sur sa petite poitrine et qu’il étende les bras. Qu’il se donne à toi. Alors tu es là, en même temps que lui, dans un grand paysage.

C’est pour ça. C’est pour tout ça, et si tu le croises, n’oublie pas. Mais tu ne ferais pas ça, n’est-ce pas, le voir et t’arrêter ?

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