10/06/2006

J’ai décidé de t’écrire le jour où j’ai retrouvé les restes d’un amour délavé au fond de la poche d’un vieux jeans qui sortait de la lessive. Je n’ai pas pu relire tout l’amour, il ne restait que quelques pâles mots. J’ai juste reconnu l’écriture, la mémoire à fait le reste, elle reste nette. Je devrais mettre plus souvent ma mémoire dans la machine à laver, la passer à 90 °.

Ton fils, que tu n’as jamais vu. Ton fils, penses-tu à lui, et alors, penses-tu à moi ? Te demandes-tu si nous pensons à toi, ou plutôt, te demandes-tu s’il pense à toi. Car tu ne penses peut-être pas à nous en même temps, au même moment, n’est-ce pas.

J’ai décidé de t’écrire car je n’ai pas compris ce que j’avais fait, gardé cet enfant que tu ne voulais pas, t’imposer cette paternité dont tu ne savais que faire. J’ai voulu te dire que tout ceci n’était pas grave.

J’envoie les lettres à poste restante, Remblais. Un bled pointé au hasard sur la carte. Il doit y avoir un pile impressionnante de lettres là-bas, dans le petit bureau de la poste de Remblais. Je m’en tape que tu reçoives ces lettres ou pas, j’ai juste besoin de les écrire.

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