10/07/2006

J’étais sur le trottoir avec un copain (il s’appelle Richard comme le type qui présentait les émissions de cirque à la télé) quand j’ai vu qu’elle, la jolie, remontait la rue. J’avais trente secondes pour faire taire Richard et trouver en même temps quelque chose à lui dire, à la jolie je veux dire.

Je ne sais pas ce que je lui ai raconté, mais Richard m’a dit que pour l’agitation des mains, c’était pas mal, mais que ça manquait de fond. Comme quand les Italiens gagnent la coupe du monde il a ajouté (la maman de Richard est française). Il est con parfois Richard. Quand j’ai tourné mon regard vers elle à nouveau, elle était déjà loin et elle parlait avec un gars qui avait les mains en poche. Il parlait, elle riait.

Je suis rentré chez moi avec les mains dans les poches. Comme ma voisine du troisième arrivait en même temps, accompagnée d’une copine à elle, elle m’a ouvert la porte et mes mains sont restées au chaud. C’est bien comme attitude, les mains dans les poches. Ca pose son homme. J’ai bien vu que ma voisine m’avait regardé différemment.

J’ai passé la soirée sur la terrasse, les mains dans les poches, à lui dire, à la jolie, tout ce que je ne lui avais pas dit parce que je n’y avais pas pensé. J’y croyais tellement que je l’entendais rire comme si elle était à côté de moi. J’ai été me coucher quand j’ai réalisé que c’était ma voisine du troisième qui pouffait, avec sa copine.

Le lendemain, je l’ai croisée, la jolie, en descendant vers la boulangerie. Elle m’a fait un grand sourire et elle m’a souhaité une bonne journée. J’avais bien les mains en poche ce coup-ci. Je lui ai répondu avec un petit sourire en coin et un « toi aussi princesse » de derrière les fagots. Elle a pouffé un peu. Ce n’est qu’un début, mais franchement, c’est classe les mains dans les poches.

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