11/07/2006

J’ai toujours dit que quand Laura m’avait quitté, elle n’avait emmené qu’une chose, les capotes dans la salle de bain. Mais en fait, Laura avait pris autre chose avec elle. Laura est partie avec ma fierté. Et le plus drôle, c’est que, et j’ai vérifié, ce n’est pas chez elle que je la retrouverai, parce je crois qu’elle l’a entièrement dépensée. Elle l’a peut-être étalée au rouleau sur les murs de son nouvel appartement. Aujourd’hui, sur ces murs un peu délavés, ma fierté a été effacée. Elle est ailleurs ma fierté, et franchement, c’est une bonne nouvelle.

Un jour, un type qui m’avait pris en stop, un grand chevelu dans une Polo, m’avait dit de tremper mon pinceau en moi pour voir de quelle encre je me chauffais. C’est pas mal comme image je lui avais répondu. Non, il m’a dit, c’est ça le truc, c’est qu’on ne sait pas, on ne la connaît pas encore l’image.

Je n’ai pas très bien compris ce qu’il m’a dit mais ça m’a fait plaisir. Laura aurait aimé ça, je le crains. Je déteste penser qu’elle aurait aimé ça.

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