18 juillet 2006

Tiiiiirez, pliiiiez, tiiirez jusqu’à la pointe, pliiiiez, pliiiiiez. Voilà, j’ai fait un avion en papier. Encore une soirée perdue à ne rien faire. A penser à tant de choses, trop de choses. Pour certains, une seule suffit, une seule chose, à moi, il faut tout à la fois et donc rien. Une soirée passée, ce que je hais cette pensée. Parfois, à côté de chez mon oncle, une dame est assise devant la maison. Elle me dit « ça fait passer le temps ». Ca me déprime terriblement.

Je jette mon avion depuis le balcon, j’habite dans un appartement très très haut (j’ai le vertige), et l’avion descend lentement. Une merveille de technologie. Il passe le coin de l’immeuble et disparaît, une mouche est à deux doigts d’entrer dans ma bouche ouverte, l’avion revient, un peu plus bas, dans l’ombre de l’immeuble d’en face. Il descend encore et se pose doucement sur le carré de pelouse d’un jardin. J’ai passé un peu de temps.

Je me dis que si un enfant l’avait ramassé et puis jeté à son tour, j’aurais passé un peu plus de temps, mais ça, ça ne peut pas se produire. Pas quand c’est moi qui pilote l’avion. Ah, tout ce plaisir, quel temps perdu.

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