19/07/2006

A cette époque, je n’avais pas grand-chose pour moi. A vrai dire, je n’avais que la rage, et encore, ma rage à moi, elle était plutôt légère, et passagère. J’en étais très conscient. De n’avoir que ça je veux dire, que si peu pour moi.

Vers 12 ans, au collège, j’ai cherché à plaire aux filles en prenant des airs ténébreux, mais j’étais vraiment trop banal d’aspect, voire laid. Mes oreilles, particulièrement, me desservaient, ruinant toute approche. Dès l’âge de 14 ans, je me suis rendu compte que les filles m’évitaient poliment. Que rien en moi, jamais, n’y changerait quoi que ce soit. J’en étais là, à me détester, à éviter de croiser le regard méprisant des miroirs, à maudire les vitrines de magasins qui reflétaient mon image aux milieux des objets désirables. J’attendais impatiemment l’hiver et mon bonnet. Le doux nid de laine qui cachait mes petites ailes, quelques heures par jour.

(suite)

Laisser un commentaire