1. La deuxième fois que j’ai vu Laura, elle ne se disait pas encore à cette époque qu’elle n’était pas amoureuse de moi, je veux dire, elle n’avait aucune raison de se dire ça puisque nous ne sortions pas ensemble, bref, ce jour-là, elle avait mis de l’huile sur la chaîne de mon vélo. Je lui avais envoyé un sms pour la remercier, je n’avais pas osé lui dire que c’était sur les rouages de la vie qu’elle avait mis du lubrifiant. Je pensais bien que ça ne durerait pas (la vie, ça rouille vite, surtout si vous la laissez tout le temps dehors, comme je le fais).
2. Laura m’avait dit, on met un petit morceau de bonheur épicé sur le coin d’une tartine.
Le goût est fort mais ça dure peu de temps. Je ne comprenais pas si «on» c’était elle et moi, où si elle faisait de la théorie, on, en général, on fait ça, ça se fait souvent, ce sont des choses qui se font, etc.
3. Malgré ces deux avertissements, quand elle a lâché la corde, j’ai pensé, un nœud mal fait, ça peut arriver à tous les marins du monde. Mais quoi qu’il en soit, je fus un homme à la mer.
4. Tous les marins du monde regardaient à ce moment-là un reportage de la BBC (sous-titré, je vous rassure) sur la chasse à la baleine. On ne se refait pas. Donc, personne ne m’a lancé de bouée. J’ai bien dû apprendre à nager.