- S’il pleut sur moi, que je fonde. Que la fin de moi rejoigne tout ce qui me soutient, sous moi, depuis toujours, qui me porte si je dors, qui me pousse si je saute, qui me retient si je tombe. Que je m’y insère, m’y glisse, m’y perde. Que je l’imprègne. S’il pleut sur moi, que je fonde autre chose avec ce que je suis.
- Sois plus fort. S’il pleut sur toi, mets ta capuche.
- Je l’ai donnée à l’être aimé. Ma capuche couvre ses cheveux et les protège. A la tombée de la nuit, mon amour n’aura que les pieds mouillés.
- A la tombée de la nuit, si tu ne te lèves pas, ton amour aura le cœur en cendres.
- Le cœur de mon amour est plus fort que moi.
- Le cœur de ton amour, à l’heure qu’il est, bat la chamade.
- Le mien de coeur a baissé les bras.
- Alors prends ta capuche, et laisse ton amour se mouiller les cheveux pour éteindre le feu que tu attises.
- Laisse-moi donc avec ma capuche. J’ai fait ce que je devais faire.
- Tu ne fais rien du tout. Si tu crois que ton amour se compte en bonnet et en écharpe. Prends les devants. Montre-toi comme tu es, c’est la plus belle des choses.
- Tu te moques de moi ?
- Non. Crois-moi si je devais le faire, tu n’y survivrais pas. Votre amour peut-être pas non plus.