24 août 2006

La lune a tourné maintenant. Elle est sur la porte de la cellule, comme une dernière invitation à l’évasion. Je sors ce matin. Il me reste trois heures pour terminer mon dessin. Je taille les crayons en les frottant sur le sol de béton de mon cageot. Je trace à l’aveugle sur un mur devenu trop sombre pour y distinguer quoi que ce soit. J’attends avec impatience le lever du jour. L’heure ou les clés tourneront dans les serrures, la dernière minute de temps qu’il me restera pour apprendre mon dessin par cœur, pour en retenir les détails, car je ne le comprendrai pas tout de suite, je devrai plus tard le décoder, le pénétrer, pour espérer un jour reconnaître le lieu, mon lieu.

Personne ne m’attend dehors. Rien, nulle part où aller. C’est pourquoi je fais ce dessin. Sinon, j’irais seulement où le vent me mène, même si, en ce qui me concerne, le vent s’est montré bien mal inspiré jusqu’ici.

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