13/09/2006

Au soir, bien sûr, mon clochard est revenu. Je remarque cette fois-ci qu’il est plus grand que je ne le pensais. Je le vois bien, car il s’étire de tout son long, et l’ombre de ses bras est énorme sur le plafond de la salle des guichets. Il ne semble pas être conscient de ma présence. Il secoue sa chevelure, sa touffe rousse au sommet de son crâne, qu’il gratte avec force. Je n’ai toujours pas envie de lui parler. J’ai mon chez moi, mon tout petit confort, et c’est très bien comme ça s’il dort sur une banquette. Qu’il garde ses poux. Je referme bruyamment la porte qui mène à mon étage.

Je dors profondément, mais je rêve du sac à puces qui ronfle sûrement au rez-de-chaussée. La fontaine de la petite place fonctionne. Son clapotis est clair et tendre. Je me penche au dessus de l’eau, et c’est le visage de mon clochard que je vois.

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