17/09/2006

Ma poésie me manquait. Je suis retourné vers un petit cahier, gris. Je l’ai lu, en partie, il m’a déçu profondément. Ma poésie vieilli très mal, rapidement. Je l’ai écrite à nouveau, barrant les mots au milieu des lignes. J’ai changé des paragraphes entiers, que je ne reconnaissais pas. J’ai arraché des pages, furieux d’avoir osé de pareilles choses. La rage me montait à la gorge, je prenais de plus en plus de temps pour relire, éberlué, le creux de ma prose.

J’ai pris conscience de mon erreur il y a deux minutes. C’est ton livre que j’ai ainsi charcuté et je dois te le rendre. Il te faut encore monter quelques volées d’escalier et tu seras dans le salon. Moi, je ne peux bouger. Je pourrais le jeter par la fenêtre, le manger, ou le mettre dans le toaster. Mais je ne peux bouger.

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