16/11/2006

J’attends et le soleil n’attend pas. Il se couche. Mon brochet est parti lui aussi, et je suis seul sur Pont Daniel. Je n’ai pas compris ce que mon père a voulu me dire et je crois bien que je vais en rester là. Je suis resté sur un pont, à regarder un poisson. Si seulement je l’avais pêché, je ne rentrerais pas seul.

Je retourne chez nous en ne quittant pas des yeux le bord de la route car la lumière commence à manquer. Je me dépêche, parce que j’ai envie d’être la là, dans la maison où avec un peu de chance, nous aurions pu être trois, le poisson, mon père et moi. Je commence à comprendre comme il va me manquer. Mon père. A côté de quelle joie je suis passé. Moi aussi, j’avais de grandes ambitions. Rentrer armé d’un brochet, quelle tête il aurait fait. Sur tout le chemin du retour, je laisse derrière moi des petites gouttes, des petites larmes de mes yeux, pour retrouver mon chemin. On ne sait jamais.

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