J’ai d’abord résisté. J’apportais mes lumières de mec en devenir, diluant leur infâme sauce féministe avec quelques pincées d’hormones mâles. Mais bon, j’étais petit et donc peu crédible. Je ramais à contre courant, et franchement, je ne faisais pas le poids. Ma période de résistance fut donc courte et inutile. J’ai rendu les armes à l’âge de 9 ans et j’ai passé le reste des années à regarder par la fenêtre le pauvre paysage des bords d’autoroutes en tentant de faire le vide. Mais malgré mes efforts d’isolement, dans un coin de la voiture, les mots s’engouffraient dans mon petit cerveau et j’ai fini par devoir admettre que j’avais assimilé à la perfection leur slogan principal, tous les hommes sont des salauds. Et j’avais aussi bien compris les explications suivantes : je n’en étais pas encore un, mais il m’appartenait, une fois homme, de démontrer que cette affirmation souffrait une exception. Moi, je ne serais pas un salaud. La mission était de taille.