Quand j’ai eu mes premiers poils aux couilles, ma mère et mes soeurs ont fait la file devant la salle de bain pour venir voir ces mignons petits testicules d’enfant qui s’enhardissaient. Elles comprenaient que les années qui allaient venir seraient décisives. En ont-elles parlé entre elles ? Je ne sais pas. Le fait est que, dans la voiture, le ton a changé. Elles sont devenues plus vulgaires, m’offrant le spectacle effrayant de ce que les femmes devenaient sous l’emprise de la colère. Je me jurais à chaque trajet de tout faire pour éviter d’être un jour en tête-à-tête avec une de ces furies. A 18 ans, mon diplôme sous le bras, j’ai quitté la voiture familiale pour de bon. Je n’y laissais que des mauvais souvenirs, en plus de ma mère et de la petite sœur, la grande ayant déjà rejoint l’université depuis un an (me laissant la place à l’avant, seul geste de solidarité dont je fus jamais gratifié).