27/12/2006

Le soir parfois le père raconte le vert et les galons, les casques troués pour unique protection, alors que le danger ne vient jamais du ciel. Il vient de l’habitude, de la fatigue ou de l’espoir.

Sur un chemin clair, à la lumière du jour, en file indienne, suivre le premier bonhomme, qui ouvre la voie vers le retour au bercail.

On sait, le terrain n’est pas vierge. Certains ont laissé derrière eux des taupes qui vous mangent une jambe pour un rien. On marche doucement sur le fil tracé par les héros précédents.

Au bout du chemin est la route, celle qui mène assurément à la mauvaise soupe. A la vue du bitume, le premier de la file lève les bras au ciel pour fêter la victoire, et sa joie le pousse à faire un pas de côté, un petit pas de trop sur le territoire du hasard. Voilà que c’est tout son corps qui se soulève et s’éparpille aux 4 coins du monde.

Le front baissé, on ramène la part de lui qui gémit vers les premières lumières électriques et la nuit qui tombe. Ce soir-là, on ne mange pas, la soupe est imbuvable.

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