Sur le quai de la gare, un type veut m’arrêter alors que je m’apprête à monter dans le train.
- Il est vrai que les monstres ne tombent pas ciel, nous les portons en nous.
Je continue vers le wagon sans faire attention, la rame va partir.
- Si nous ne les portons pas en nous, au minimum, nous les portons, et c’est déjà trop n’est ce pas ?
Je l’entends qui crie, sur le quai. Moi je vais m’asseoir à ma place, siège 17 voiture 12. Merde, c’est le siège côté fenêtre, celle qui donne sur le quai. Le type me voit, il vient coller son front et les paumes de ses mains contre la vitre. Je le vois de très près. Il a une peau très désagréable.
- Mais je vous assure, nous les portons en nous. Je vous assure. Descendez, il faut que je vous parle.
Je détourne le regard et je regarde ma montre. Ce train ne part que dans 3 minutes (sans compter les nombreux retards, mais soit). Quel calvaire. Dans le wagon, presque tout le monde me regarde maintenant. Je ferme les yeux et je m’extraits de cette scène ridicule. Le gars finit par s’éloigner, et j’ouvre les yeux à nouveau pour constater que les regards se sont détournés de moi. Une jeune fille, sur le siège de l’autre côté du couloir, me fixe encore.
- C’est fort, elle dit
Bon, je regarde mes pieds maintenant. Mon empire pour un bouquin (c’est vrai finalement, je n’ai jamais lu le comte de Monte Christo). Pourvu qu’elle descende à la gare du Nord et pas à Amsterdam.