9/01/2007

C’est le lundi matin, en chemin vers le bureau de Londres, que j’ai senti sa présence. Ca m’ennuie de le dire, mais je crois bien que Laura est revenue. Ca m’ennuie de la dire. Sur un pont, avec le train plein comme un œuf qui me passe en dessous, elle m’a croisé d’un pas vigoureux et assuré. Je me suis retourné, bien sûr, et je l’ai vue partir avec la foule, comme un poisson dans l’eau froide qui nous tombe du ciel, sur les épaules. J’imagine qu’elle a dû sourire, elle n’a pas pu s’en empêcher. Elle va encore m’attendre en faisant chauffer l’eau pour le thé. Dans le grand fauteuil rouge, au milieu de ma tête de moineau, elle s’affalera bientôt, en attendant que mes petits démons débarquent. Satanée Laura. Je vois bien que tu ne t’impatientes pas, que tu sais temporiser. Si j’avais le centième de ta force, Laura, je t’écraserais comme une mouche contre une vitre.

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