12/01/2007

Quand je passe devant le jardin de Lucy, un petit chien aboie vers moi une drôle de haine. Derrière la haie, puis la clôture, le petit roquet me suis du regard, sans me lâcher un instant. Ce n’est pas que j’ai peur, mais ce chien de l’enfer m’empêche d’être léger, alors que pourtant, tout me porte à ça. L’air est frais et le ciel est bleu. A cette heure, la chaleur ne me colle pas encore au sol, au contraire, avant d’en arriver là, je sautais d’un pied sur l’autre. Ce n’est qu’en été que j’y parviens, être dans l’instant, sans rien me reprocher. Les autres saisons sont angoisse. L’été, non, il me porte doucement.

Puis vient le jardin de Lucy. Le jardin de Lucy, c’est tout. Puisque Lucy, je l’aime, qui ne me connaît pas, et ce chien qui me dit que je me trompe et que je ne dois pas penser à elle.

Oh que je parte, bien sûr, ce n’est pas prévu, mais dans un moment ou une éternité, je tombe d’ici. Je ne quitte pas le lieu, j’en tombe. Voilà, et si c’est la vie dont je parle, je ne la quitterai jamais puisque j’en suis incapable, mais je trébucherai et passerai par-dessus bord, je chuterai dans l’écume de vous. Dans un vent de poussière, dans une heure grise, dans un éclair insensé, je passerai le canal à la rame. Je veux de la musique, je l’aimerai, et sur cet air, je ramerai mes dernières forces, quand le courant ne me porte plus.

Puis je passe au-delà du jardin de Lucy, j’en reviens, je m’en sors, et l’été me reprend dans sa douceur et je continue mon chemin. Lucy m’est à nouveau autorisée. C’est quand je la frôle qu’elle s’échappe, alors j’allonge le pas.

Laisser un commentaire