18/01/2007

La solitude de Tom est si matérielle, si présente à lui, qu’hier, dans la rue, il l’a vue et lui a parlé. Il l’a questionnée sur son amour pour lui, et il lui a demandé pourquoi, même quand il était entouré, c’est souvent à elle qu’il pensait, pourquoi il quittait si souvent ses amis pour courir vers elle. Elle n’a rien dit. Il lui a proposé de prendre le bus qui passait et de le laisser là, pour une fois, vraiment seul, mais elle n’a pas bougé. Il sait qu’elle vit, puisqu’il la voit, il pourrait la décrire ou la dessiner.

Et ce soir, il est attablé avec tant d’amis, mais c’est encore plus fort, elle aussi est conviée au dîner, elle est appuyée sur le coin de la table et le regarde, le fixe, sans le lâcher. Pas un sourire, pas une larme, il ne laisse rien paraître et vite on l’oublie. Dans la foule, maintenant il s’en souvient, elle était toujours à ses côtés, elle le guidait vers la sortie.

Parfois, Tom prend du poids. Quand il est trop triste, Tom prend du poids. C’est sa solitude qui lui joue des tours, elle monte derrière lui sur sa balance et Tom voit qu’il a pris 2 kilos.

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