10/07/2007

C’est un matin bien sombre pour mes frêles épaules. C’est pourquoi j’ai posé mon corps dans la gadoue, et maintenant j’ai froid jusqu’au fond de moi. Je serre dans mes poings la peur que j’ai trouvée au creux de mon ventre. J’ai la bouche ouverte et je regarde le ciel noir. Les nuages passent à grande vitesse, se poursuivent sans pouvoir jamais se toucher. A quoi jouent-ils ? S’il pleut tout à l’heure, les gouttes viendront s’écraser sur mes paupières fermées, pour couler sur mes joues. C’est toujours ça d’eau que j’économise, je pleurerai un autre jour.

A chaque pas dans ma tête, une autre peur. De tous ces gens que j’ai trahis, qui va encore m’aimer ? Et qui me plantera un couteau dans le dos ? Pour l’instant, le dos n’est accessible qu’aux vers de la terre. Mais pour combien de temps ? J’ai menti, j’ai suivi un chemin éclairé à la lumière de la honte. C’est criant. Dans le silence de ce pré labouré, tout est hurlant d’évidence. Aujourd’hui, couché sur le dos, dans un champ, je regarderai passer les heures et le vent. Si la terre m’avale, je serai mort haï, dans la plus commune des sépultures, prêt à renaître dans le blé. Si elle me porte, je verrai de quel bois on se chauffe chez tous ceux que j’ai chéris.

La question est maintenant: que vais-je faire au soleil couchant ? Rester ici, allongé sur le dos, dans le froid de mon lit de boue ? Ou me lever, aller contre le jour qui se meurt et rentrer en me cachant, pour aller pourtant là où l’on me trouvera ?

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