Archive pour août, 2007

3 août 2007

Il y en avait dans tous les recoins. Des gros, des maigrichons, des velus, des gueulards, des pleurnicheurs, des malades, des trop bien portants. On n’en pouvait plus, partout dans la cité, on n’en pouvait plus. Moi disait l’un, ce matin, j’ai dû les chasser de devant le magasin, sans quoi, aucune cliente n’y serait entrée, dans le magasin. Moi disait l’autre, j’ai dû mettre des verrous sur la porte de la grange, sans quoi, au soir, ils viennent s’y coucher pour la nuit et je la retrouve souillée, la grange. Moi disait un troisième, si je mange sur le pas de la porte un jour de grand vent, ils s’approchent, sortant de partout, et je dois rentrer et m’enfermer sous peine d’être peut-être moi-même dévoré.

Les marmots sont partout.

2 août 2007

Quelque soit l’âge auquel il mourra, Al a compris que chaque jour qui passe est un jour perdu. Depuis, il fait tout pour que les jours ne passent pas. Il s’ennuie. Il tire les fils qui dépassent du vieux napperon, sur la table, à côté du poêle. Quand une voiture passe, il lève la tête, parfois trop lentement pour la voir passer. Une rouge cette fois-ci. Vers l’Est. Et le soleil qui se couche déjà.