Archive pour décembre, 2007

30/12/2007

D’abord j’ai trouvé la phrase, disons, courte. Puis j’ai décidé d’en faire, voyons, une philosophie.

- Oh ! Une grenouille ! fit Katia

Tolstoï.

30/12/2007

Quelque chose, pas quelqu’un, quelque chose m’a passé la main dans le dos. Doucement, quelque chose m’a caressé, du plat de la main, du haut jusqu’au bas du dos, alors que sur un banc, je lisais le journal de la veille. D’abord j’ai levé la tête pour marqué ma surprise. Puis j’ai repris ma lecture et j’ai décidé de laisser faire. J’ai décidé de m’en contenter pour ce jour-là.

25/12/2007

Haiku de Noël

Et glou
et glou
et glou

24/12/2007

Celui-là est né dans un chenil. Aujourd’hui, on voudrait bien lui apprendre à dire s’il-vous-plait-voici. Mais c’est mal parti. Hier, il a mordu son frère, ça se chamaille dans la famille de père en fils. Il répond aux doux noms de la ville, il répond tout le temps, à chaque fois, effrontément. Il ne lâche rien. Sauf les coups, les coups, il les donne pour un rien. Puis il jure, la main sur le cœur. Né dans un chenil, je vous dis. Et avec ça, pas de regret. Il voit au jour le jour. Que voulez-vous qu’on fasse ? Nous, nous respectons ces gens-là. Oh, bien sûr, on les tient à distance les jours de fêtes, on les range quand il faut cacher des choses à leurs yeux concupiscant. Mais pour le reste, c’est avec la main nue qu’on tend la nourriture. Avec le cœur qu’on leur parle d’avenir. Nous n’attendons rien en retour. Mais quand même, celui-là, c’est comme s’il pissait le matin dans un coin, et le soir, quand c’est propre, il recommence. On a beau lui dire, de toutes les manières que l’éducation admet, dans ces cas-ci du moins. Mais rien n’y change. L’été passé, on l’a même emmené à la mer. La première fois, à son âge, vous vous rendez compte ? Et bien, voilà, il n’a pas mis un pied sur la plage. Après ça, il a demandé une gaufre. Moi je me dis parfois qu’on naît où l’on doit naître. J’essaye de tuer cette pensée. Je n’y arrive pas, avec le temps, de moins en moins. La violence, ça me dégoûte, moi. Je suis à ma place, il est la sienne, c’est ça que je veux dire. Ce n’est pas une question de naissance, c’est une question de place. Je me demande parfois ce qu’il ferait s’il était à ma place, et moi, à la sienne. Merde, ça me fout les boules de penser à ça. C’est comme un gouffre, le sens, tout ça, tout tombe dedans, au fond du puits comme disait mon grand-père. Tiens. Mon grand-père, je me demande. Soit, bref, ce petit salaud va me gâcher le réveillon. J’attends depuis 3 heures dans ce putain d’hôpital, et toujours pas de nouvelles. Je vous jure, je suis tenté de partir. Ma femme et mes gosses m’attendent. Deux. Un blond et un brun, elle et moi, chacun sa part du gâteau. Chacun son truc. Nous, on vit à la campagne, c’est mieux pour les enfants.

21/12/2007

Si j’avais su, pour le coffre, j’aurais continué le foot. Petit gabarit, mais rapide. Bon ailier. Mais j’ai ouvert le coffre et voilà, les odeurs, les matières, les histoires. J’y suis souvent, presque jour et nuit, près du coffre.

C’est Noël bientôt. Il paraît qu’il neige chez Julie, Ken, Gaby et plein d’autres.

16/12/2007

Haiku

C’est l’hiver
Les hommes sans cou
Sont partout

10/12/2007

Dans une ville aux abords d’un désert, un homme se lève, seul, et garde les yeux fermés car il fait rouge aujourd’hui. Après le café renversé, en partie du moins, il fait ses lacets et noue sa cravate à tâtons. Il pousse dans sa bouche ce qu’il espère être une tranche de pain, sort et referme la porte de l’appartement derrière lui. Il fait rouge aujourd’hui, c’est le pays qui veut ça dit on à la radio, dans l’appartement d’à côté.

Un homme, seul, marche sur le trottoir. Il fait si rouge que même avec les yeux fermés, il a mal, si mal aux tempes, qu’il les presse entre le pouce et l’index pour les soulager.
Un homme, seul, marche sur le trottoir en titubant. Tous les volets sont baissés. Les rideaux tirés sont orangés quelque soit leur couleur. Il fait si rouge.

Un homme perdu continue à marcher. Il se croit capable, il marche sans se soucier de rien, car il sent bien que personne d’autre que lui n’a pris le risque de sortir ce matin. Il ne craint rien. L’homme prend la mauvaise route avec la joie d’un enfant sur le chemin des vacances. Une joie qui dit que ce sera mieux plus loin, mieux qu’ici, mieux que maintenant. A cette borne-ci, c’est décevant bien sûr, mais mieux attend sagement, les mains posées sur les genoux.

Rien pendant quelques temps. Puis une odeur de fuel, une odeur lourde et volage à la fois. L’homme s’assoit sur le bord de la route pour fumer une cigarette.

Un homme dit tout haut qu’il est déçu de la tournure des événements. Il prend part au repas sans qu’on l’y invite. C’est la seule maison sur la route et le rouge tourne maintenant au sombre. Il fait si froid que personne ne sort les mains de ses poches. On aspire la soupe à même l’assiette. On s’arrête parfois de manger pour regarder l’homme, arrivé seul, qui a parcouru une longue distance, depuis la ville jusqu’ici, la dernière pompe à essence avant longtemps. Pourquoi venir jusqu’ici si c’est à pied demande le barbu. L’homme ne répond pas. Il ne s’arrête même pas de laper. Il a faim comme jamais.

Il dort à même le sol, sans bouger d’un pouce. Le lendemain, tout est bleu. C’est reparti pour un tour dit le barbu. Les voitures se suivent à la pompe, on s’invective quand un conducteur prend trop de temps, plus de temps, ou du temps, pour remplir le réservoir.

Un homme, seul, rentre à pied vers la ville. En marchant à reculons, il fait de l’auto-stop, le pouce vaguement levé vers le ciel. Personne ne lui propose quoi que ce soit. Il faut dire, il dépasse les voitures qui roule si lentement, si lentement. Tout est bleu pour le moment.