3/01/2008

J’ai rencontré Frida à Stockholm, comme il se doit. Je suis tombé amoureux d’elle là où elle est tombée amoureuse de moi : à la sortie de l’école de son fils. Elle y passait deux fois par jour, moi parfois, pour voir des mères. Nous avons habité chez elle et puis chez moi. J’ai mis deux ans à la convaincre, et nous sommes partis pour Rome. Nous avons habité chez nous, avec le fils.

Elle nous a quittés alors que j’avais le dos tourné. Je revenais des pissotières. De la terrasse en tous cas, elle avait disparu. Elle m’a légué son fils. Le fils. Comme Rome paraît encore plus grande sans elle. Ici, depuis qu’elle n’est plus là, tout est tout. Les sons sont les lumières, les lumières sont les odeurs, les odeurs sont les sons. Tout est tout et partout.

J’ai décidé d’y rester, à Rome. Le matin, je vais conduire le fils à l’école et le soir, je vais le chercher. Je ne sais pas s’il y a une raison de calculer la probabilité de la rencontrer puisque je ne sais si elle y est, à Rome. Et je suis paresseux. Je ne calcule donc pas.

C’est le printemps et quand il me voit à la grille, le fils court vers moi en fermant légèrement les paupières parce qu’il a le soleil en plein dans les yeux. C’est déjà ça.

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