10/03/2008
Tiens, aujourd’hui les trottoirs sont vides. D’habitude, à cette heure, les vieux prennent l’air, sur une chaise, devant leur porte d’entrée. Mais aujourd’hui, personne. Nous marchons en silence. Tiens, on n’entend que nos pas. Je compte trois des miens pour un des siens. Tap tip tip Tap tip tip Tap tip tip Tap. Tiens, c’est la première fois qu’il prend ma main dans la sienne. Ses mains ! Enormes ! Il tient délicatement ma petite patte dans sa grosse pogne. Du bout des doigts, je caresse la peau sèche, rêche. Je sens les durillons. Je sens aussi que s’il devait serrer le poing il me broierait les os. C’est un ours qui m’emmène en promenade. Un ours dressé. Un ours à casquette et bretelles. Un ours rasé de près. Mais un ours quand même.