14 avril 2011

Il y a des tristesses dont j’ai trop peur.
Celle-ci je la tiens éloignée en lui jetant des cailloux. Comme à un chien hargneux au milieu du chemin. Celle-ci, je fais semblant de croire que je ne suis pas obligé.
Le chien hargneux, il ne bouge pas du milieu du chemin, et il faudra bien passer par là. Il n’y a pas d’autre passage. Un chien qui va me mordre à pleines dents. Me déchirer le bas des pantalons. Qui choisit le morceau de blanc de poulet à arracher à mon mollet. Un chien qui bave en me regardant avancer. Un chien, une tristesse, qui bave en me regardant trembler. Qui va me mordre le cœur. Qui va me déchirer.

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