6 mai 2011

A l’est de la banquise, dans le blizzard, un petit pingouin, les petits bras derrière le dos, fait un cercle de 200 mètres de diamètre. Il suit ses propres pas croyant être sur la trace de sa famille. A force de tourner, un chemin se creuse, dans la neige, dans le vent, le petit pingouin tourne en rond, il se poursuit sans jamais se rattraper.

Je n’ai pas envie de rire. Je pense à ce petit pingouin, c’est moi, je marche avec les bras croisés dans le dos. Je me cours derrière, et c’est inutile, n’est-ce pas ? Mais je me comprends aussi, à force de ne pas me rencontrer, de m’éviter, j’ai fini par perdre patience, et je me file, même si je sais que c’est peine perdue.

Hier, je suis rentré dans un taxi, je lui ai demandé de suivre une voiture, la mienne, qui était garée un peu plus loin. Le type s’est retourné et m’a demandé de sortir. Si vous croyez qu’on a que ça à foutre, qu’on n’a pas assez de problèmes comme ça.

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