Archive pour 'Mes nombreux prix littéraires'Catégorie

31/07/2006

Roberto est né Dieu sait où. Dans un nid de cendres ou dans un nid de plumes. Dans une ville en guerre ou au fond d’un bois silencieux. Dieu sait, mais il ne dit rien à Roberto. Tous les soirs, après la journée dans le monastère, Roberto s’agenouille devant le cadre de bois. Il demande à Dieu qu’il lui rende sa mémoire. Il ne demande pas les gens, pas la mère, ni le père, ni les oncles ou les tantes. Il ne demande pas l’époque ou l’âge.

Je demande le lieu. Les odeurs, les couleurs.
Je demande le vent sur le chemin de ma maison.

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29/07/2006

Jason était un adulte depuis plusieurs jours déjà. Et depuis quelques temps, il avait un problème auquel il avait donc décidé de faire face : Jason avait un caillou dans sa godasse.

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19/07/2006

A cette époque, je n’avais pas grand-chose pour moi. A vrai dire, je n’avais que la rage, et encore, ma rage à moi, elle était plutôt légère, et passagère. J’en étais très conscient. De n’avoir que ça je veux dire, que si peu pour moi.

Vers 12 ans, au collège, j’ai cherché à plaire aux filles en prenant des airs ténébreux, mais j’étais vraiment trop banal d’aspect, voire laid. Mes oreilles, particulièrement, me desservaient, ruinant toute approche. Dès l’âge de 14 ans, je me suis rendu compte que les filles m’évitaient poliment. Que rien en moi, jamais, n’y changerait quoi que ce soit. J’en étais là, à me détester, à éviter de croiser le regard méprisant des miroirs, à maudire les vitrines de magasins qui reflétaient mon image aux milieux des objets désirables. J’attendais impatiemment l’hiver et mon bonnet. Le doux nid de laine qui cachait mes petites ailes, quelques heures par jour.

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Dans le jardin

24/04/2006

Rien ne m’a été donné. Je suis né dans une ville dure comme le fer. Mes parents sont partis en voyage et ne sont jamais revenus, alors que je les attendais à la sortie de l’école. Un petit cartable sur le dos. Sur le très petit dos d’un enfant qui regarde à gauche et à droite, sans savoir à quelle heure viendront la panique et les pleurs.

Mes parents ne m’ont presque rien laissé d’eux. Une maison muette et un jardin carré. Quelques photos d’avant ma naissance. Pour seul véritable héritage, mon père avait posé sur mon berceau un regard inquiet, et j’ai gardé de cette terrible introduction une inusable fièvre.

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Ricotta

3/04/2006

Je viens d’être traversé de la tête au cul par des raviolis à
la ricotta. Je les avais trouvés bons, un peu trop de crème, mais j’avais mangé de bon appétit. Je les ai payés 10 euros. Je les ai gardés en moi 10 minutes. Les raviolis à la ricotta de cet établissement coûtent 1 euro la minute.

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Miss Hi

12/03/2006

Quand je glissais mes mains sous sa jupe en l’embrassant, ma petite amie japonaise émettait des petits «hi» que je traduisais systématiquement par des «oh». Je l’avais rencontrée dans un Karaoké. En entendant son amie m’inviter à chanter « J’aime la vie » en duo, elle avait crié « Belgium 12 points !». Je l’ai embrassée 6 ou 7 secondes après.
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